Giuseppe

giuseppe2005

GIUSEPPE 2005

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En 2005, Giuseppe, donne à voir un homme nu, posant devant des façades froides et anonymes d’immeubles fermant l’espace derrière lui. Ce travail pose la question de la relation du corps à l’architecture et de la place de l’humain dans les grands ensembles urbains. L’hermétisme des façades semble faire résistance au corps alors que l’architecture est censée être le prolongement de celui-ci. C’est cette impression de résistance qui donne plus de réalité au corps de cet homme situé au premier plan. Construits par l’homme et pour lui, ces immeubles n’en demeurent pas moins le témoignage de nos errements. Le lien évident entre corps et architecture semble rompu. Figés, froids, leur vue efface toute impression de vie. Cette dernière crie son existence au travers du corps d’un homme vieilli et fatigué par un environnement à la limite de l’hostilité. Le corps apparait, même fragilisé, comme le refuge, l’habitat idéal d’un soi acceptant la modestie de sa condition d’être humain. Si le corps est, par nature, un objet problématique dans le sens qu’il pose question, il n’en reste pas moins une réalité qui nous accompagne fidèlement depuis toujours. Il est notre habitat naturel à l’image du coquillage pour le mollusque. C’est ce que semble nous dire, ici, Paolo Topy en écho aux propos de Francis Ponge dans ses Notes pour un coquillage tiré de son ouvrage Le parti pris des choses paru en 1942 : « Je souhaiterais que l’homme, au lieu de ces énormes monuments qui ne témoignent que de la disproportion grotesque de son imagination (…) mette son soin à se créer (…) une demeure pas beaucoup plus grosse que son corps, que toutes ses imaginations, ses raisons soient là comprises, qu’il emploie son génie à l’ajustement, non à la disproportion, — ou, tout au moins, que le génie se reconnaisse les bornes du corps qui le supporte…»

Yves Peltier

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